Mon expérience avec le tabac :

 

12 ans : 1ère cigarette ! Horreur, maux de tête.

 
12 ans : insister pour fumer ! Crapotage, puis apprentissage, et finalement réussite !
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14 ans : 1er achat d’un paquet de 20 cigarettes. Les moins chères : 6,70 F le paquet, soit environ 1 € !).
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14 ans : 10 cigarettes fumées par jour déjà !
=> Arrêt de bus dpart : 1 ; arrêt de bus arrivée : 2 ; récré 10h : 1 ; fin des cours 12h : 1 ; départ du bus : 1 ; arrivée du bus : 2 ; récré 16h : 1 ; fin des cours : 1
 
Et voilà comment tout commence. Et voilà à partir de quand il faut compter lorsque l’on arrête un jour de fumer : « Cela fait combien de temps que vous fumez ? » Réponse : « Depuis l’âge de 14 ans…  ». Ça fait donc toujours un bon nombre d’années lorsque l’on arrête une fois adulte !
 
Lorsque l’on arrête de fumer, ou même lorsque l’on continue, on se demande toujours « Sachant que la première cigarette est dégoûtante, pourquoi ai-je malgré tout persévéré ? »
 
Ce tabagisme… une satanée aventure qui débuta à mes 12 ans, et qui se poursuit aujourd’hui, au moment où j’écris, à l’âge de 39 ans.
 
Après avoir pensé plusieurs fois écrire sur mon expérience avec le tabagisme, c’est la première fois que je le fais réellement. Serait-ce enfin le deuil de la cigarette ? Au moment où j’écris cette phrase, je suis encore fumeur… Pas pour longtemps ?
 
A un moment donné, j’en avais assez de mon anxiété constante. C’était autour de mes 26-27 ans. J’ai pris rendez-vous chez un homéopathe. Il m’a posé au départ quelques questions. Une des questions était : « vous fumez ? ». Pour éviter qu’il ne me fasse tout un discours sur le tabagisme, je lui ai répondu directement : « oui, et je ne compte pas arrêter ! ».
 
Après un traitement d’environ un an d’homéopathie, j’étais de moins en moins anxieux, moins nerveux, plus détendu, et j’ai même amélioré ma tension en passant de 14 à 12. Finalement, sans que le médecin ou moi-même ne luttions contre la cigarette, j’ai eu l’idée d’arrêter de fumer. Je pensais que j’étais maintenant capable de vivre sans cigarette. Je me sentais prêt à relever un grand défi.
 
En janvier de je ne sais plus quelle année, je décide d’arrêter de fumer en juillet. Eh oui ! En gros, je me donnais 6 mois, de janvier à juin, pour me faire à l’idée de devenir non fumeur (on m’a dit un jour « il ne faut pas dire ‘j’arrête de fumer’, mais ‘je deviens non fumeur’ !).
 
J’avais donc 6 mois aussi pour analyser mon tabagisme :
- A quels moments je fume ?
- A quels moments je ne fume pas ?
- Qu’est-ce que je ressens en fumant ?
- Qu’est-ce que je ressens sans fumer ?
- Etc.
 
C’est une sorte de bilan, de compréhension du geste. Plus l’on connaît et l’on comprend son habitude avec la cigarette, plus l’on peut y faire face.
 
Ayant appris qu’une prise de poids de 3-4 kgs était possible, j’ai débuté en mai un régime sur 2 mois. Cela m’a permis de perdre environ 5 kgs.
 
Un fameux soir de juillet, j’étais dehors, en famille. En fumant, j’ai dit « ça, c’est ma dernière cigarette ». Et puis je l’ai même éteinte sans la finir !
 
J’ai immédiatement jeté tabac, rouleuse et briquet à la poubelle. Je me souviens que mon épouse m’a dit « Tu ne vas quand même pas tout jeter ! » et je lui ai répondu « j’arrête de fumer donc je n’ai plus besoin de rien » et elle a pensé au fond d’elle-même « tant pis, il se rachètera tout ça ».
 
Le lendemain matin, jour de travail, je suis allé chercher pour environ 100 F (15 €) de bonbons, chocolats et chewing-gums ! J’ai mangé et mâché toute la journée ! L’idée de ne pas fumer était obsédante. Mais j’avais pris ma décision, et j’étais déjà en train de me faire trop mal pour que ça ne serve à rien…
 
Quelle fierté le soir en me couchant en me disant « j’ai arrêté une journée complète ! ». C’était quelque chose de tout à fait incroyable pour moi.
 
Les premiers jours étaient atroces ! Mais finalement de moins en moins difficiles.
 
Malgré tout, j’ai tout de même tiré sur une cigarette 2 semaines après l’arrêt complet. C’était « histoire de voir ». J’ai trouvé ça dégueulasse et j’ai dit « cette fois-ci, je sais que je suis vraiment non fumeur ».
 
Et ça a tenu 5 années !
 
Quel bonheur pendant ces 5 ans… (nostalgie !)
 
Quelques mois avant ma reprise du tabac, je me disais déjà que je goûterais bien à nouveau une cigarette.
 
Puis un jour… j’en ai eu l’occasion ! C’était facile, devant moi… Une possibilité de demander une cigarette. Un environnement de fumeurs et le repas du midi terminé. Personne autour de moi pour me rappeler que je suis non fumeur. Bref, moment idéal pour taxer et enfin réessayer une cigarette après tant de mois passés à l’espérer.
 
Je m’attendais à ce qu’elle soit atroce et que je sois enfin calmé.
Hélas, je me suis régalé. Même goût que mes toutes premières cigarettes. Du plaisir. Tout y était !
 
J’ai pu recommencer le lendemain dans les mêmes conditions. Toujours le même plaisir. Le jour suivant enfin, pas de cigarette, pas de tentation, et aucun manque. Le surlendemain, recrutement au travail d’un nouveau collègue. Fumeur, proposant une cigarette. Je me laisse tenter. Le jour suivant, je me laisse encore tenter le matin, mais aussi l’après-midi ! Un jour de plus où je me laisse tenter, mais cette fois pour 3 cigarettes dans la même journée.
 
Je n’ai rien senti venir, pourtant c’était très clair ! J’aurais bien dû me rendre compte de ce qui m’arrivait. Mais aucun de ces 3 jours passés à fumer, ne m’a alerté. C’est donc tout logiquement que le vendredi soir, alors qu’il n’y avait plus personne à « taxer », et que le manque devenait évident, que j’ai fini par aller m’acheter un paquet de cigarettes ! Et c’était donc reparti !
 
Avant l’arrêt, je fumais un paquet par jour. Par contre depuis cette reprise, j’étais aux environs de 12 cigarettes. Les soirées festives m’en faisaient fumer peut-être 5 de plus, alors qu’avant c’était un paquet complet supplémentaire ! Finalement, je reprenais, mais moins. Comment se rassurer, n’est-ce pas ? !
 
Au cours des 5 années, j’ai pris un peu plus de 20 kgs ! Est-ce dû à l’arrêt du tabagisme ou à un laisser-aller qui n’a rien à voir ? Je ne sais pas.
 
Quoi qu’il en soit, je me suis dit que je préférais être fumeur plutôt que gros et alcoolique ! J’ai pas mal maigri et même entrepris des rendez-vous diététiques.
 
Tabac ou pas, je n’ai jamais été gêné dans le sport. Mais peut-être est-ce une impression seulement ? Peut-être que j’y gagnerais en étant non fumeur ?
 
Etre fumeur pour ne pas grossir… ce discours ne tenait plus en 2007, ayant repris du poids, et étant à près de 5 kgs seulement en-dessous de ma prise de poids record lorsque j’étais non fumeur. Je m’étais remis à consommer pas mal de chocolat, de grignotages divers. En bref, cela signifiait : gros et fumeur !
 
Alors je me suis donné le raisonnement inverse par rapport à la fois précédente : quitte à être gros, autant ne pas fumer !
 
Il existe un bilan de santé complet, pris en charge par la CPAM. Ce bilan est assez complet, et se réalise en une matinée d’examens, suivis d’un entretien médical.
 
Tous les 5 ans, on reçoit une convocation. On peut soit y aller, soit ne pas y aller. On peut aussi demander à repousser le rendez-vous si l’on ne peut pas se rendre à la consultation à la date indiquée.
 
Il faut arriver à jeun. On reçoit le matin-même une carte des consultations à suivre, et une personne nous oriente selon les disponibilités des différents spécialistes (nous sommes plusieurs personnes convoquées en même temps).
 
Parmi les examens, on trouve l’analyse d’urine, la prise de sang, la dentition, l’électrocardiogramme, la vue, l’ouïe, etc. On a aussi la consultation… du petit déjeuner !
 
Et, entre autres, et c’est pourquoi j’en parle à cette occasion, deux examens qui nous intéressent précisément : la radio des poumons et le test de souffle.
 
Ayant déjà eu dans l’idée d’arrêter le tabac fin 2006, j’espérais presque, idiotement, qu’on trouve des choses anormales, qui me permettraient de prendre peur. Mais non ! Bonne radio des poumons, super souffle !
 
Alors pourquoi arrêter ? Parce que justement il est préférable d’arrêter quand on le choisit, et quand tout va bien, plutôt que lorsqu’il est déjà trop tard et urgent ! Ayant quelques amis qui ont dû arrêter pour raison médicale, cela confirme très largement cette nouvelle pensée.
 
Un an de cheminement dans ma tête et d’hésitations pour arriver courant octobre 2007 à m’imaginer non fumeur en 2008.
 
Ce fut une réussite… quelques mois ! Puis j’ai repris, sans penser à tenter un autre arrêt.
 
Ayant appris que « plus on essaie d’arrêter, plus on augmenter les chances de réussite », j’ai fini par penser arrêter une nouvelle fois… J’ai compris que j’avais arrêté le champix trop vite ! Donc promis : la prochaine fois, je poursuis le traitement plus longtemps.
 
Il est temps aujourd’hui, à l’aube de mes 40 ans, et très récemment jeune « papy », de repartir pour cette aventure !

 


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