Pour ma part, j'arrête !

 
 
Nous sommes le 18 janvier 2011, et je reprends cet ouvrage que j’avais écrit il y a quelques années pour le compléter ! Voici le parcours de mon nouvel arrêt :
 
Tout d’abord, j’écris noir sur blanc mes motivations. Je débute par un verbe d’action à l’infinitif (se terminant donc par « er », « ir », « oir », etc) afin qu’il représente une terme plus « actif ». Aussi, j’indique une raison positive (j’évite les explications négatives du style « pour ne pas… » ou « pour ne plus… ». Par exemple, au lieu d’écrire « Ne plus dépenser mon argent inutilement », écrire plutôt « Faire des économies »). Donc… J’arrête pour :
1- Conserver ma santé pendant qu’il en est encore temps
2- Rester en pleine possession de mes moyens même après un court effort
3- Pouvoir m’adapter à tout changement de mon organisation personnelle (sans devoir penser aux aménagements à réaliser pour laisser une place au tabac).
 
Ensuite, je débute mon traitement. C’est le champix qui a obtenu mon choix.
 
=> 1er jour de traitement sous champix : 24 janvier 2011 :
Je suis serein et ne pense pas trop à l’arrêt. Mais déjà des doutes m’envahissent et c’est un grand débat qui s’organise dans ma tête ! « Vais-je y arriver ? Comment vais-je faire dans tel cas ou tel autre ? etc. »
 
Durant les 10 premiers jours, mes cigarettes ont eu le même goût qu’habituellement. Seule petite différence : il m’est bien plus facile de repousser une cigarette, me permettant de terminer une tâche en cours, voire même parfois de sauter une cigarette et donc de passer de 12 cigarettes quotidiennes à 10.
 
Informaticien, il m’arrive en ce moment les pires pannes de réseau depuis ces 16 années que je travaille ! De quoi être anxieux, non ? Eh bien finalement, je dors bien. Je suis anxieux mais pas affolé et je continue mon traitement sous champix sans fléchir. Il faut dire que c’est facile ! Il suffit de prendre les médicaments et attendre qu’au fur et à mesure des jours il fasse effet.
 
Je me dis que c’était également la bonne occasion de revoir ma façon de travailler, voire même de vivre en général. « Qu’est-ce qui me pousse à l’angoisse ? Qu’est-ce qui finalement me pousse à fumer ? ».
 
Sachant, on l’a vu dans les pages précédentes, que le tabac est lui-même source d’angoisse, « comment puis-je sortir de ce cercle vicieux ? ».
 
Petite parenthèse : j’ai choisi le champix pour arrêter le tabac mais attention de bien savoir où l’on met les pieds ! Il est clairement indiqué dans la notice les effets secondaires :
- Dans 1 cas sur 10 : nausées, cauchemars, maux de tête…
- Dans 1 cas sur 100 : appétit, modification du goût, fatigue, vertiges, vomissements, constipation, diarrhée, indigestion…
- Dans 1 cas sur 1000 : infection, fièvre, tremblements, éruption cutanée…
- Il est ajouté dans la notice que des faits d’idées suicidaires ont été constatés (rares cas).
 
Le champix n’est pas un anti-dépresseur (contrairement au ziban par exemple). Champix est un réel médicament d’arrêt du tabac. Son principe de fonctionnement est le suivant : Le principe actif est la Varenicline Tartrate et elle travaille en satisfaisant la partie du cerveau qui a envie de nicotine, sans en fait mettre de la nicotine dans le corps comme les autres traitements font. Pour aider à réduire cette envie, plus de Dopamine est produite dans le corps et les récepteurs du cerveau qui donne la dépendance sont bloqués.
 
Il est indiqué dans la notice du champix de choisir un jour dans la deuxième semaine de traitement pour arrêter. Mais après 3 semaines complètes de traitement, je suis toujours fumeur. Un peu impatient, et certainement rempli de doutes, je décide d’anticiper le dégoût et je m’arrête de fumer le 22ème jour, soit le lundi 7 février. Toute cette journée est impeccable et je suis ravi. Mais les jours suivants… quelle difficulté ! Je suis fatigué de cette lutte depuis quelques jours et le 25ème jour, soit 3 jours après mon arrêt, je me rachète du tabac.
 
Mais je me mets au tabac à rouler, pour me pousser à ne fumer que lorsque j’ai vraiment le temps de rouler une cigarette. J’en fume environ 3 à 5 par jour, pendant 3 jours. Je conseille de ne pas céder à la pression de l’entourage ! En reprenant ce paquet de tabac, je souhaite repousser l’arrêt, et non pas abandonner. Plusieurs collègue de travail me disent « Ah ! T’as repris ! » et je leur réponds tout simplement : « je n’ai pas arrêté de fumer, je suis en cours d’arrêt ». Bien sûr, cela les amuse et ils n’y croient plus. Parfois je me dis aussi qu’ils préfèreraient que je n’y arrive pas, eux qui sont également fumeurs et sont toujours avides d’une bonne raison de continuer. Peu importe ! J’y crois… et j’ai finalement raison : chaque cigarette manque de goût, me donne mal à la tête et je vais me laver les mains et sucer un bonbon pour m’ôter toute odeur de tabac. Enfin, j’en ai marre et je jette tout après la 1ère cigarette le lundi 14 février. Depuis ce jour, c’est beaucoup moins difficile de ne pas fumer. J’y pense, forcément, mais cela dure quelques secondes, et je ne sombre pas.
 
Une nuit, j’ai rêvé que je reprenais la cigarette et j’étais horrifié dans mon rêve ! Quelle joie à mon réveil de constater que j’étais toujours non fumeur ! Attendez-vous à ces rêves de cigarette…
 
Nous sommes le vendredi 25 février, et cela fait maintenant 1 mois ½ de traitement, et je suis non fumeur depuis 11 jours. J’ai repris le sport de manière plus soutenue : j’ai réussi un footing d’une heure complète alors que cela faisait un an que je n’avais pas couru ! Je fais des abdos et du vélo d’appartement. Je laisse un jour s’écouler entre chaque séance pour reposer les muscles. Il semble que ma nouvelle vie commence…
 
Un peu d’humour ! Depuis que je suis non fumeur… :
- Lorsqu’au travail, après avoir monté deux étage, si je croise un collègue, il ne me fait plus remarquer que je suis essoufflé.
 Maintenant, je ne ressens plus le besoin d’arrêter de fumer !
Je suis fier de résister à tant de belles et bonnes blondes !
 Mon chat ne sent plus la cigarette sur la tête !
 J’ai statistiquement supprimé un risque de mettre le feu quelque part.
 Je peux faire un bisou à mes enfants sans être en apnée pour ne pas leur cracher mes odeurs de tabac à la figure.
Je peux mettre plus de choses dans mes poches de blouson car plus aucun paquet de cigarette ne prend toute la place.
- À vous de compléter la liste !

 


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