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en milieu scolaire

   

 

Elèves en temps péri-scolaire : 2 CP, 1 CM1 et 1 CM2
Ecole Romain Rolland de Varennes-Vauzelles (58)
4 décembre 2012 de 17h00 à 18h00 -

Thème : la poésie japonaise

 

 

Les élèves présents étaient peu nombreux, mais ils avait fait la démarche de s'inscrire à cette animation. J'en ai donc profité pour faire un tour de table et demander à chacun pourquoi ils s'étaient inscrits. Ceci a permis de "détendre" l'atmosphère, car la venue d'une personne étrangère à l'école, et de plus nommée "poète" est souvent intimidante.

J'ai dressé un rapide historique de la poésie japonaise. Les premiers textes issus du Japon étaient écrits... en chinois ! Pourquoi ? Parce que les chinois ont envahi le Japon de leur culture. Ce n'est que plus tard que le Japon s'est démarqué de la Chine et qu'ils sont devenus japonais. Un peu comme un étranger venu par exemple d'Afrique, qui auraient des enfants qui sont nécessairement français car nés en France. On peut donc facilement rebondir sur les notions de culture et d'appartenance à un pays. Appartenir à un pays n'est finalement pas si simple si l'on regarde l'histoire !

Ensuite je leur ai parlé d'une forme de poème français nommé "sonnet". Je leur ai juste dessiné des lignes en vagues pour éviter de placer des mots. Le but était seulement de constater qu'il faut 14 lignes pour écrire cette forme de poésie française très célèbre.

Nous avons alors comparé avec le "haïku". Nous avons écrit le mot, parlé du tréma sur le "i", prononcé le "u" en "ou" car c'est une prononciation à la "japonaise". Le haïku s'écrit en 3 vers seulement. J'ai lu quelques haïkus parmi les plus accessibles, pour exemple. Aussi je leur ai lu quelques haïkus que j'avais écrits, peut-être un peu plus imagés, que j'ai expliqué. Nous avons enfin pris le crayon pour essayer de composer à notre tour des haïkus.

J'ai eu la chance d'être aidé par une excellente animatrice péri-scolaire, qui a bien su prendre en compte les 2 élèves de CP. De son côté, elle prenait le crayon et devenait la "plume" de nos poètes en herbe. Les CP donnaient leurs idées et l'animatrice écrivait, tout en insistant sur la consigne donnée : il faut exprimer un instant, et en 3 lignes !

De mon côté j'aidais les 2 plus grands, en organisant leurs idées et en les ramenant à la consigne donnée : écrire 3 lignes, représentant une observation courte dans le temps.

De temps en temps nous écoutions les poèmes de chacun. J'indiquais les améliorations à apporter et nous reprenions un temps de réflexion.

Pendant que les CP collectionnaient les haïkus, de plus en plus qualiteux, j'orientais les 2 plus grands vers le "tanka". 5 lignes, cette fois ! De la même façon j'effectuais quelques lectures, puis ils essayaient d'écrire un tanka, en respectant la consigne que les 3 premières lignes étaient dignes d'un haïku, mais que les 2 lignes suivantes devaient être différentes, soit en s'opposant à l'idée première (par exemple en introduisant par "Mais...") ou une "chute".

Une question m'a été adressée : "La poésie japonaise est-elle plus belle que la poésie française ?". J'ai répondu : "Ces deux poésies ont des origines différentes, des pays différents, des gens différents, des histoires différentes, des écritures différentes... rien de plus. Ce n'est pas parce que nous sommes différents que nous ne sommes pas égaux. Qu'en penses-tu, toi ?". Il était d'accord : "Nous sommes tous des humains".

Après une dernière lecture par chacun nous avons terminé notre séance, qui nous a donné à tous beaucoup de plaisir.