Opaline

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Poésie, chansons, nouvelles

 
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Biographie
(en cours)

Bibliographie
~ Carlane et l´énigme des quais ~
Roman policier, Editions Graine d'Auteur, février 2009
 
~ L´insoumis ~
Roman historique, faisant suite au précédent << Le fruit du chagrin >>, Editions Graine d'Auteur, mars 2008
 
~ Le fruit du chagrin ~
Roman historique, Editions Graine d'Auteur, juillet 2007
 
~ A fleur d´ombres ~
Recueil de poèmes, Editions du Masque d'Or, mai 2007
 
~ L´impitoyable sire ~
Roman fantastique, "La Bartavelle" éditeur, 2006, 18 €

L´impitoyable sire



Deux années plus tard, au petit jour, un nuage de poussière fut aperçut au loin par les guetteurs de faction à la tour garde de la forteresse de Joux. Ils entendirent gronder un bruit de galop qui allait en s'amplifiant, faisant presque trembler le sol. Qui donc pouvait bien se poindre en bas de la vallée, à cette vitesse, et sans se faire annoncer ?

Etait-ce une nouvelle invasion barbare, celles-ci étant devenues fréquentes, sur un sol non encore unifié sous la même bannière ? En effet, le Comté de Bourgogne n'était pas encore rattaché à la couronne de France.

Quelle ne fut pas la surprise du Sire de Joux, car c'était bien lui qui revenait, quand il arriva au pont-levis de son château !

Les gardes qui reconnurent sa fougue et sa haute stature, hésitèrent un instant avant de relever le pont. Certains présentaient des têtes inconnues du Sire, mais son absence avait été si longue...

Amauri se sentait très heureux de les retrouver, ces braves gens !

- Holà ! s'écria t' il puissamment en freinant son cheval qui se cabrait. Qu'attendez-vous pour faire entrer votre Maître et Seigneur ? Et il claquait son fouet en l'air, impatienté.

Le vieil Adalric, qu'il avait connu depuis son enfance, montrait une expression soucieuse et embarrassée.

- Sacrebleu ! se dit Amauri, que signifie cela ?

Sa hâte était fort grande de retrouver Dame Berthe aux cheveux d'or: elle lui avait tant manquée.La nonchalance raffinée et sensuelle des orientales, qu'il avait fréquentées dans certains bordels, florissants là-bas, l'avait fortement enthousiasmé. Mais aucune d'elles ne possédait la grâce un peu fragile de son épouse.Il allait enfin pouvoir l'étreindre entre ses bras, ainsi que ses enfants qui devaient être grands, et feraient sa fierté.

Certains soldats l'accueillirent avec l'empressement qu'il attendait, apparemment contents de son retour. Mais, en avançant dans la cour, il remarqua des hommes qui, au lieu de le saluer, s'engouffrèrent à l'intérieur du bâtiment d'habitation. Quand il sauta de son cheval et voulut franchir le portail en bois de sa demeure, il trouva celui-ci fermé . Un courant de rage courut le long de son échine, et il égrena tout un chapelet de jurons. Il cogna avec fureur de ses poings d'acier, puis voyant qu'on ne lui ouvrait pas, d'un coup de sabre, il fracassa le pêne de la porte; elle céda sous sa force décuplée.

Il renversa Sigismond, un vieux serviteur qui était resté posté derrière l'escalier. Et, sans excuse, le questionna :

- Voyons, Sigismond, que se passe t'il ici ?

Le pauvre vieillard ne put répondre, le souffle coupé.

Amauri grimpa en courant les marches de bois usé qui menaient à l'appartement de Berthe. Il croisa au passage des servantes qui paraissaient affolées, mais qu'il ne vit point. Dame Berthe recevait son amant ce jour-là, et les serviteurs avaient reçu l'ordre de n'ouvrir à personne. Amé, après avoir savouré les délices d'un amour passionné, se détendait dans un agréable moment de torpeur... Cependant , une servante avait réussi à les prévenir, en catimini. Quand l'amant apprit cette nouvelle, il eut juste le temps de bondir dans ses vêtements et de chercher à se dérober par une fenêtre.

Mais ce fut peine perdue: déjà Amauri enfonçait la porte de la chambre de l'infidèle, et la trouva tremblante sur sa couche.

Sa stupeur fut telle, qu'il faillit en rester terrassé.

Puis, se reprenant, le sang du Sire se mit à bouillir. Il reconnut son ami d'enfance, Amé de Montfaucon, ce traître qui l'avait bafoué, pendant que lui-même continuait à guerroyer en Croisade. Ce fut comme s'il eût été frappé par la foudre. Sa poitrine se gonfla tant sous son armure, pas encore retirée, que celle-ci lui parut trop étroite. Ses narines, semblables aux naseaux d'un cheval fou, palpitaient démesurément. C'est alors qu'un cri rauque de loup afffamé de sang s'échappa de sa gorge :

- Montfaucon ! hurla t 'il, te voilà mort, piégé comme un rat d'égoût ! Je te mettrai les tripes à l'air, foi d' un Aigle de Joux !

Et, joignant les actes à la parole, il abaissa sur lui son sabre, de toute sa force.Combien d'ennemis avait-il pourfendu de la sorte ? Mais Amé l'évita de justesse en plaçant devant lui une énorme potiche qui vola en éclats à travers la pièce.

Berthe ne put s' empêcher de crier, terrorrisée. Son époux se tourna vers elle; ses lèvres fières étaient crispées par un rictus de mépris.

- Attends , sale garce ! ton tour viendra ...

C'était la première fois qu'il la tutoyait, et la douce Berthe ressentit ce tutoiement comme son arrêt de mort.

Il se tourna vers les hommes qui l'avaient suivi :

- Gardes, emparez- vous d'elle afin qu'elle ne se sauve pas. Et puis, saisissez- moi ce faucon. Je ne veux pas l'abattre maintenant, ce serait me montrer trop clément envers lui. Je préfère qu'il crève sous les tortures, afin qu'il se repente d'avoir osé me trahir sous mon propre toit. Par tous les diables je jure que, seule, ma vengeance pourra me calmer !

 
~ Le petit parisien ~
Roman-nouvelle, en cours d'écriture avec Michel BERTHELIN

Le petit parisien

...

Cela fait environ un mois que sa famille et lui-même sont arrivés à Surgères petite ville de Charente-Maritime. Le visiteur qui y arrive est frappé par sa douceur de vivre. Son calme et son patrimoine religieux et architectural l'enchante et il a plaisir à flâner le long de la Gères ou sous les arbres centenaires du parc. La famille Vauzelle par contre est loin d'y être intégrée et même tout simplement acceptée, ce sont des parisiens, c’est tout dire. Ces semaines à l’école en cour élémentaire première année resteront un tournant dans sa petite vie d’enfant et détermineront le reste de son existence.

C’est la sortie des classes de midi et la cour grouille de gamins survoltés qui se libèrent en courant et en hurlant. Quelques gars de sa classe restent groupés autour de lui et comme depuis plusieurs jours ils le harcèlent, une bourrade le secoue et manque de lui faire perdre l’équilibre vers l’arrière.

- Parisien tête de chien, gronde celui qui l’a bousculé. Parigot tête de veau, continue-t‘il. Une violente poussée dans le dos le repousse au centre du cercle. Le nombre de gamin est tel qu’il ne peut répondre à la violence sans perdre la face.

- Parisien tête de chien, parigot tête de veau surenchérit une voix. Petit à petit le cercle se renforce en nombre et des élèves d’autres classes les rejoignent et s’y mêlent. Maintenant c’est à plusieurs qu’ils reprennent le refrain.

- Parisien, tête de chien, parigot, tête de veau. Gueulent les gamins autour de lui, ils le secouent comme un prunier. C'est l'heure de la sortie des cours.

- Parisien, tête de chien. Jubile le meneur. Parigot, tête de veau. Dit-il en le dévisageant, d'un air supérieur. Bernard a du mal à conserver son équilibre, noyé dans la bousculade. Chaque main qui l'approche, lui tire tantôt une manche, tantôt un pan de sa chemise neuve à carreaux. Ceux à qui elles appartiennent sont hilares. Il tente en vain de les écarter, mais la force du nombre l'emporte. Plus loin dans la cour huit garçons regardent la scène avec la rage au coeur et impuissant devant ce spectacle.

- Parisien, tête de chien. Un bouton pend lamentablement au bout d'un accroc. C'est le début de la guerre des boutons, comme dans le film qui vient de paraître sur les écrans. Ils n’acceptent pas ce déchaînement de violence à plusieurs contre un seul gars. Ce n’est pas de sa faute s’il est arrivé en cours d’année scolaire et s’il est parisien de surcroîts.

- Arrêtez. Arrêtez donc ! Bafouille t’il, blême.

- Parigot, tête de veau. Sa chemise est tirée plus violemment, hors de son short en velours bleu marine, par l'un des plus excités.

- Tête de veau. Hurle une voix plus aiguë, derrière. D'autres gamins des différentes classes se joignent au jeu. Leur nombre augmente à chaque instant, les bourrades et les coups de pieds aussi.

- Parisien, tête de chien, parigot, tête de veau. Maintenant c'est à l'unisson qu'ils se mettent à crier. Un bouton du poignet de chemise résiste au tiraillement.

- Parisien, tête de chien. Raille un vaurien. Parigot, tête de veau. Le poignet craque. Autour de la grille de l'école primaire, les adultes ne bronchent pas.

- Tête de chien, parigot. Un autre bouton saute, sur la poitrine cette fois. Les garnements ne sont pas avares de coups de poings dans le torse, ni de coups de pieds. Quelques mains tentent même d'agripper ses cheveux, en vain, ils sont coupés court. Dans la cour, un instituteur fend la masse des écoliers.

- Parisien, tête de chien. Reprennent en choeur, les petits bourreaux.

- Parigot...T'es qu'un parigot, Reprend l'un des plus petits.

- ça suffit. Gronde l'instituteur, ça suffit comme cela.

- Parisien, tête de chien. Insistent les cris. Déjà, c'est l'envolée des redoutables galapiats.

- Parisien, tête de chien, parigot, tête de veau. Répètent-ils à tue-tête en courant dans la rue. Bernard se retrouve tout seul, comme par enchantement. Il est abasourdi.

- Parisien, tête de chien, parigot tête de veau. Le slogan tourne encore dans sa tête, lorsque l'instituteur est près de lui.

- Parisien, tête de chien. Au loin dans la rue c'est la galopade. Parigot, tête de veau. La formule lapidaire s'estompe dans le lointain, les bruits de jeux et les ragots de la sortie des enfants règnent à nouveau, comme à l'accoutumée. L'enseignant le regarde et lui pose une question. Bernard est bien trop loin dans ses douloureuses pensées, il ne réalise pas qu'il est interrogé. Les personnes présentes lors du chahut se détournent, hypocritement, elles emmènent leur marmaille pour le repas. Il tente de se rajuster, mais les accrocs et les boutons manquants sont manifestement visibles. L'homme constate le saccage, puis il balaie les environs du regard.

- Rentres chez toi, mon bonhomme. C'est tout ce qu'il trouve à dire.

...

 
~ Les poèmes de l´auteur ~

Etincelles de vie

Sans le soleil
En exil
La terre s'assoupit

Sous une lune

émergeant
des ténèbres
Sans bruit,

Entre
Partout et nulle part

Est

Le berceau du jour
Poésie des sens :

Source de lumière
ineffable aurore
pour l'oeil émerveillé

Chanson de l'eau
musique d'atmosphère
cristalline à l'oreille

Magie d'une saveur
onctueuse douceur
fondante en la bouche

Ivresse d'un parfum
désir suggéré
captivant l'odorat

Secret du feu
ardente passion
des corps partagés

Cette indicible beauté
Sur nous
rejaillit

En étincelles de vie.

(c) Opaline (12/11/2004)

 

Idéal

Dans l'instant blême
Ciselé sur les toits
Je t'ai cherché.

Idéal de clarté
Dans le sombre rayonnement
Des rêves insensés.
J'ai le désir de ton absolu
Au goût d'ivresse entremêlés.
Tes pas feutrés ont la saveur du miel
Vaporeux nectar.

D'où surgit ton envol ?
Ton aura m'effleure
L'inaccessible enchante
Sans raison
Apparente
Car
Tu es
Voyage sans fin.

(c) Opaline (24 /09 / 2004 )